Rage des chiroptères : 1 cas dans la Marne

 
 

Début septembre 2018, une sérotine commune (Eptesicus serotinus), l'une des 33 espèces de chauves-souris (ou chiroptères) connue en France, a été découverte au sol, de jour, sous un cageot dans un cellier à Sainte Ménehould. Ainsi exposée à la lumière, elle a montré un comportement agressif.

En prenant les précautions nécessaires pour ne pas entrer en contact direct avec elle, elle a été présentée à un vétérinaire qui a émis l'hypothèse d'une infection par un virus rabique. Les analyses pratiquées ont confirmé ce diagnostic.

Le virus isolé est un virus différent de celui responsable de la rage des mammifères terrestres (notamment les chiens et les chats) et de celui de la rage de chiroptères américains (vampires). Plus précisément, il s’agit d’un lyssavirus appartenant à l'espèce European bat lyssavirus type 1 (EBLV-1) de sous-type b, appartenant au cluster B1, rassemblant des souches virales circulant préférentiellement dans l’Est de la France.

Selon les règles de l'organisation mondiale pour la santé animale (OIE), la France est officiellement indemne de rage depuis 2010. La détection de ce cas ne change pas ce statut. Depuis 2010, 25 chauves-souris infectées ont été détectées sur le territoire national.

Dans certaines conditions le virus des chiroptères européens peut provoquer une maladie chez l'homme. 3 cas sont répertoriés dans la littérature. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSESagence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) considère que le risque pour la population générale, est faible. Quand un virus de la rage a atteint le cerveau d'une personne ou d'un animal, il n'est pas possible de guérir la maladie qui entraînera la mort du sujet atteint. En revanche il est possible, grâce à une vaccination d'urgence, d'arrêter le virus avant qu'il n'arrive au cerveau. En cas de morsure par une chauve-souris ou un carnivore, il importe donc de consulter un médecin le plus rapidement possible.

Toutes les espèces de chiroptères français sont protégées par la loi. Leur destruction est de ce fait interdite. En cas de présence fortuite, il convient d'éviter tout contact avec l'animal et si possible de l'amener chez un vétérinaire afin que le cas échéant, un dépistage de la rage puisse être organisé.

Par ailleurs, la vaccination antirabique des carnivores domestiques (chiens, chats et furets) reste facultative si l'animal ne voyage pas hors de France. Elle est pour autant, en toute circonstance, recommandée.

Pour en savoir plus sur la rage et sur la rage des chiroptères: http://agriculture.gouv.fr/ et https://www.anses.fr/