Journée internationale des forêts – 21 Mars 2022

 
 
Journée internationale des forêts – 21 Mars 2022

Le 21 mars a été proclamé par l’ONU Journée internationale des forêts. Il s’agit d’une occasion de célébrer la forêt, l’arbre et le bois, et de sensibiliser à la multifonctionnalité des forêts, qui rendent de nombreux services pour l’environnement, l’économie et la société et sont une ressource essentielle pour le développement durable.

Lien vers le site de la Journée internationale des forêts

Lire le dossier de presse du 16 mars 2022 sur la clôture des assises de la forêt et du bois

hautvillers_cle631352

Vue de la forêt d’Hautvillers

La forêt dans la Marne

La Marne est un département faiblement boisé (19 % de surfaces boisées représentant 156 000 hectares).

La forêt marnaise est très majoritairement composée de peuplements feuillus (chêne, hêtre, charme à 90 %).

La forêt est très peu présente dans les grandes plaines céréalières de la Champagne crayeuse du centre du département. Certaines parties du département sont cependant plus boisées comme à l’ouest la Brie Champenoise, la Montagne de Reims ou l’Argonne à l’Est.

Par ailleurs, la forêt marnaise est très majoritairement privée (67%).


Focus : le cadre de gestion des forêts privées

La gestion des forêts privées est encadrée par le schéma régional de gestion sylvicole (SRGS), qui décrit les forêts de la région, les peuplements rencontrés et les principaux enjeux et fixe les objectifs et les interventions types en garantissant une gestion durable.

Les documents de gestion des propriétés privées doivent être élaborés conformément au SRGS.

Le propriétaire privé peut opter pour le document le plus approprié à son cas particulier :

- plan simple de gestion (PSG) : obligatoire pour les forêts de plus de 25 hectares, les propriétés à partir de 10 hectares peuvent aussi y souscrire. Il comporte un programme de coupes et travaux pour une durée entre 10 et 20 ans, ainsi que des données sur les enjeux environnementaux, sociaux et cynégétiques. Les PSG sont agréés par le centre régional de la propriété forestière (CRPF) ;

- règlement type de gestion (RTG) : élaboré par les experts ou coopératives forestières, et agréé par le CRPF, les propriétaires confiant la gestion de leur forêt à ces organismes peuvent y adhérer ;

- le code des bonnes pratiques sylvicoles (CBPS) : destiné aux propriétaires dont la surface n’atteint pas celle requise pour les PSG, il comprend des préconisations de gestion adaptées aux principaux types de peuplements pouvant être rencontrés dans la région.


Au plan économique les activités de la filière forêt-bois concernent 895 établissements pour un total de près de 3900 salariés (essentiellement sur les secteurs de la construction bois, de l’industrie du papier / carton et de la sylviculture / exploitation forestière).

trois_fontaines_cle2ccfdd

Forêt domaniale des Trois Fontaines

Les actions de la DDT en matière de forêts

Elles sont nombreuses et s’étendent de la mise en œuvre du régime forestier en forêt publique (application, distraction) au contrôle de la réglementation relative aux aménagements forestiers en passant par l’instruction d’aides à l’investissement forestier (soutien à la desserte forestière, amélioration des peuplements forestiers) et des dossiers fiscaux (exonérations notamment), le suivi budgétaire des enveloppes dédiées, la recherche et le suivi des infractions (défrichement non autorisé, non reconstitution du peuplement après coupe…) ou encore l’instruction et le suivi des contentieux forestiers.

La DDT instruit et contrôle également les dossiers de défrichements et coupes, qui font l’objet d’une vigilance pour protéger les derniers boisements en plaine et préserver les bois de la progression du vignoble .

Elle met enfin en œuvre le volet forestier du Plan de Relance « Aider la forêt à s’adapter au changement climatique pour mieux l’atténuer ».

chene_napoleon_foret_ste_menehould_cle561c27

Chêne Napoléon – Forêt de Sainte-Menehould

La gestion durable des forêts

La certification de gestion durable des forêts est un engagement volontaire qui permet aux acteurs de la chaîne économique et aux consommateurs de disposer de la garantie que les produits à base de bois certifiés viennent de forêts gérées durablement. La certification PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schemes) a été initiée en 1998 par les propriétaires forestiers européens, avec le soutien des professionnels de la filière forêt-bois, d’associations de protection de la nature, de consommateurs et des pouvoirs publics.

Le système PEFC s’appuie sur des procédures de certification et de gestion forestière existantes et reconnues tout en les adaptant aux spécificités nationales et locales. Elle est la plus répandue en France.

La crise des scolytes

La forêt marnaise a été fortement touchée par une récente crise sanitaire provoquée par le scolyte (insecte xylophage) sur les épicéas et la chalarose du frêne (champignon), qui rend nécessaire l’adaptation de la gestion forestière sur les sites concernés.

Un arrêté préfectoral du 29 juillet 2019 a notamment imposé aux propriétaires en zone de lutte obligatoire, de prendre des mesures de nature à limiter les attaques de scolytes en procédant à la reconnaissance, l'abattage et à la prise en charge des arbres sur pied abritant des scolytes, afin d'enrayer la propagation de la maladie.

L’heure est désormais au renouvellement des forêts publiques et privées sinistrées.

Les communes et propriétaires touchés souhaitent pouvoir replanter, notamment avec l’appui du plan de relance, volet reboisement forestier. Les parcelles bénéficiant de sols avec de bons potentiels de production seront majoritairement replantées en chêne. Pour permettre d’avoir des peuplements plus résilients, la diversification des essences d’arbres sera encouragée à hauteur de 30 %.

Label Forêt d’exception

La démarche « Forêt d’Exception » est une démarche de labellisation mise en place par l’ONFOffice national des forêts pour mettre en valeur , en partenariat avec les acteurs locaux, les forêts domaniales les plus emblématiques. Dans la Marne, la forêt de la Montagne de Reims y est engagée depuis 2016.

screenshot_2022-03-16_at_09-51-57_51_marne_-_un_marche_reserve_aux_connaisseurs_cle0c119c

Forêt et côteaux de la Montagne de Reims

Voir l’article ONF n°1

Voir l’article ONF n°2

Les axes et actions de cette démarche territoriale sont orientés vers la multifonctionnalité de la forêt (accueil du public, chasse, sylviculture, services écosystémiques…) et sa gestion durable (préservation de la biodiversité, prise en compte du changement climatique, écocertification…).

Partenaires

La politique forestière fait intervenir un très grand nombres de partenaires : Office national des forêts (ONFOffice national des forêts), Centre National de la Propriété Forestière (CNPF), DRAAFdirection régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt, Conseil régional, propriétaires, gestionnaires, associations et professionnels du secteur…

Équilibre agro-sylvo-cynégétique

La forêt est également concernée par le maintien de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique.

La maîtrise des populations de grands gibiers (sangliers et cervidés) est un enjeu majeur dans le département de la Marne. La régulation des populations est nécessaire pour prévenir les dégâts agricoles et forestiers (plus d’un million d’euros de dégâts indemnisés pour 2020), ainsi que le risque d’introduction et de diffusion de maladies animales (notamment la peste porcine qui peut toucher les sangliers), qui auraient des conséquences économiques graves, tant sur la filière porcine que sur l’économie de la chasse.

En outre, un excès de grand gibier peut aussi entraîner l’impossibilité de renouveler naturellement les peuplements, une perte de biodiversité et de capacité de résilience aux agressions biotiques ou climatiques. D’où l’existence dans le département de zones à enjeux (9) et de zones à surveiller (17) qui font l’objet de mesures spécifiques (prélèvements renforcés voire interdiction d’agrainer).

Forêts et Natura 2000

La forêt contribue largement au réseau Natura 2000 en raison de sa richesse particulière en termes de biodiversité : 43 % de sa surface est classée au titre de la directive « habitat » et 39 % au titre de la directive « oiseaux ».

En pratique certains projets ou activités (définis sur des listes nationales ou départementales) en site Natura 2000 doivent, préalablement à leur réalisation, faire l’objet d’une évaluation de leurs incidences au regard des objectifs de conservation de ces espaces et plus particulièrement des espèces et habitats abrités.

Par ailleurs, lorsqu’une forêt est située sur un site Natura 2000, l’octroi de la garantie de gestion durable permettant de bénéficier d’aides publiques ou d’avantages fiscaux fait l’objet d’exigences renforcées : document de gestion spécialement approuvé au titre d’articles spécifiques du code forestier ou passation d’un contrat Natura 2000 ou adhésion à la charte du site Natura 2000.

massif_forestier_epernay_cle5f6c44

Massif forestier d’Épernay et étangs associés

Le propriétaire forestier qui le souhaite peut s’engager sur 5 ans renouvelables à respecter un cahier des charges et à accomplir des travaux. Les travaux types pouvant figurer au contrat ont une vocation non productive : développement de bois sénescents, création ou rétablissement de clairières, landes ou mares forestières...

L’adhésion à la charte Natura 2000 d’un site se fait pour 5 à 10 ans et entraîne des engagements de gestion courante et durable des terrains et espaces et renvoie à des pratiques sportives ou de loisirs respectueuses des habitats naturels et des espèces.