Historique de l'hôtel de la préfecture

L'hôtel de la préfecture

 

 

La ville de Châlons-en-Champagne fut choisie par le pouvoir royal comme siège de l'intendance de Champagne. A l'époque, Reims, ville du sacre des rois de France, manifestait un loyalisme trop sujet à caution pour lui assurer la consécration juridique de sa prééminence de fait.
Troyes, ville des foires, avait une trop longue et trop grande tradition d'autonomie pour que sa sujétion au pouvoir royal soit assurée. D'autre part, Châlons-en-Champagne jouissait d'une position géographique privilégiée au sein de cette zone de passage entre l'Ile-de-France et la Lorraine.
Sa vocation de capitale administrative, née sous l'ancien régime avec les intendants de province, a été consacrée lors de la création des départements et confortée, avec l'institution des régions.

Vue côté jardin
Le bâtiment a été construit sous le règne de Louis XV, entre 1759 et 1771 pour loger l'intendant de Champagne et ses services.
L'intendant était le représentant du roi et par l'importance de l'édifice. C'est la place du pouvoir royal qui était manifestée.
 L'architecte choisi est Jean Gabriel Legendre. Rouillé d'Orfeuil, intendant de 1764 à 1789, s'il n'a pas suivi le détail de la construction, s'est attaché à son achèvement et surtout à son embellissement par la création du cour d'Ormesson et de la perspective du Jard.
Le bâtiment de proportion exceptionnelle pour le Châlons du XVIIIème siècle adopte le plan habituel du grand hôtel particulier parisien.
Sur les façades principales, conformément au goût classique, les deux étages sont traités différemment. Le rez-de- chaussée présente un décor horizontal saillant et l'étage un mur lisse avec des encadrements de baie surmontés d'une guirlande, décor habituel au XVIIIème siècle que l'on retrouve à l'intérieur.

On entre dans la cour, par une porte encadrée de colonne surmontée de trophées évoquant la puissance royale (armure, bouclier) et ses bienfaits (cornes d'abondance). La porte d'entrée dans le bâtiment central n'a été créée qu'en 1798. Au XVIIIème siècle on entrait dans le bâtiment par les vestibules où sont aussi logés les deux grands escaliers.

En 1800, le bâtiment devient préfecture. En 1846-1848, on ajoutera l'aile droite longeant la rue Carnot et son retour sur la rue de Jessaint.
La grande salle des gardes

La grande salle des gardes


Au rez-de chaussée, sur la cour, dans le prolongement de l'antichambre, se trouve une vaste pièce donnant sur le jardin dite en 1814 "la grande salle des gardes". Elle est éclairée depuis l'origine par trois croisées de portes. Les sièges sont recouverts de tapisseries de Beauvais à fonds jaunes avec dessin arabesque en fleurs. Ils furent exécutés et ont été donnés lors du sacre de Charles X à Reims en 1825.
La chambre dite "Chambre Carnot"

La Chambre Carnot

La chambre dite "Chambre Carnot" depuis que ce président de la République y passa trois nuits en septembre 1891, trois ans avant son assassinat. Le dessus de l'alcôve est très décoré. le motif principal représente un carquois et un flambeau croisés reliés par une écharpe. On aperçoit au sommet deux colombes se becquetant et, au dessous, trois guirlandes de roses. Les boiseries Louis XVI de cette chambre ont été repeintes d'après un échantillon du coloris ancien trouvé sous les badigeons successifs.






La chapelle

La chapelle


Elle se trouve à mi-hauteur dans le grand escalier menant à la salle du conseil général. Dans cette chapelle se disaient les offices pour le personnel de l'intendance.

Elle fut bénie par le vicaire général du diocèse le 9 août 1767. Un moine du couvent augustin voisin venait officier dans cette chapelle, mais il ne pouvait y dire l’office que lorsqu'il n'y en avait pas à l'église paroissiale Saint-Eloi, disparue aujourd'hui.

L'autel dans un placard a conservé ses lambris bleus et or d'origine. Nulle restauration n'y fut jamais apportée, sauf l'encadrement sculpté du tableau. Le tableau du retable, avec des emblèmes de l'Ancien Régime, fut enlevé sous la Révolution.

En 1825, sous Charles X, on mit un tableau représentant Saint-Louis, patron de la chapelle. On voit le roi offrir à Dieu, la couronne d'épines. C'est dans cette chapelle, en 1768, que fut reçu et gardé une nuit le c½ur embaumé de la reine Marie LECZINSKA.

On le transportait à Notre-Dame-du-Bon-Secours à Nancy. Le monument de ce c½ur se trouve dans cette église à côté des tombeaux de ses parents le roi Stanislas LECZINSKI et sa femme.
Dans cette même chapelle, Louis XVI et sa famille, arrêtés à Varennes le soir du 22 juin 1792, et ayant passé leur deuxième nuit à l'intendance lors de leur retour, y écoutaient la messe le 24 juin au matin, quand ils durent partir précipitamment devant l'arrivée de révolutionnaires rémois.
Le grand salon

Le grand salon du premier étage

Le grand salon du premier étage, face au jardin. Il est éclairé de trois croisées sur le jardin. Il est peint en blanc de roi; toutes les moulures et ornements sont dorés à l'or bruni.
Salle des gardes
Les cinq dessus de porte du grand salon du premier étage sont des ½uvres de jeunesse du peintre d'origine laonnoise Jean Simon BARTHÉLEMY.Ces tableaux représentent les quatre saisons sous des figures de femmes, et celui en face des croisées représente les principales passions des hommes, telles que le vin, le jeu, l'amour et l'ambition.