Crise sanitaire de la COVID-19 : Prise en charge des personnes en situation de précarité pendant la période de confinement du 17 mars au 11 mai 2020

 
 
Prise en charge des personnes en situation de précarité pendant la période de confinement

Durant la période de confinement, l’État a fait de l’hébergement d’urgence des plus démunis une priorité absolue.

Dans le département de la Marne, les services de l’État se sont appuyés sur le Service du 115 du Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO) afin de prendre en charge, dès le début du confinement, les personnes sans domicile.

Outre l’hébergement d’urgence, c’est également la prise en charge sanitaire et l’aide alimentaire qu’il a fallu organiser, avec le concours des associations et des collectivités, dans le strict respect des mesures de distanciation et des gestes barrière.

La prise en charge en hébergement d’urgence

262 personnes supplémentaires prises en charge (soit 169 ménages) sur l’ensemble du département de la Marne, entre 17 mars et le 11 mai 2020, dont 82 dès le 19 mars.

Cette prise en charge s’est ajoutée aux places d’urgence existantes et places ouvertes pour la période hivernale.

A noter que la trêve hivernale a été prolongée au-delà du 31 mars.

Les maraudes qui ont été maintenues par le SAMU SOCIAL ont fortement contribué au repérage des situations des personnes à la rue et à établir le lien avec les personnes les plus en difficulté.

La prise en charge sanitaire

Chaque structure d’accueil, dans le cadre de son plan de continuité d’activité, dispose de 2 ou 3 chambres lui permettant de placer des personnes atteintes de COVID-19.

Conformément aux instructions nationales, un dispositif complémentaire a été mis en place avec 33 places dédiées spécifiquement aux personnes sans domicile, atteintes de COVID-19 sans pour autant relever de l’hospitalisation. Ces places ont été portées par la Fondation de l’Armée du Salut, le Club de Prévention et la Croix-Rouge française, par convention avec l’État.

Sur l’ensemble du public accueilli en structures d’urgence, ou résidences sociales, peu de cas de COVID ont été relevés. Seuls 4 résidents ont été hospitalisés. Aucun décès n’est intervenu.

Le public concerné

Le public qui a été pris en charge pendant le confinement est composé de familles (33 familles soit 111 personnes dont 62 enfants) mais aussi de nombreuses personnes seules (103 hommes et 25 femmes).

Le 115 a constaté une forte sollicitation du public jeune, liée à des ruptures familiales, souvent avec violences : 82 ménages entre 18 et 30 ans, dont 44 de moins de 25 ans.

Le public jeune – moins de 25 ans – ne dispose pas de ressources (pas éligible au RSA) et demande un accompagnement social global et quotidien, en raison des difficultés qu’il présente (immaturité, manque d’autonomie, addictions…).

Sur les 169 ménages, 98 sont des personnes de droit commun, 31 sont demandeurs d’asile, détenteurs d’une autorisation provisoire de séjour ou ressortissants européens, 40 sont en situation irrégulière.

Enfin, malgré un contexte d’hébergement surchargé, le 115 a répondu à toutes les demandes de personnes victimes de violences. Ce sont 48 personnes qui ont ainsi été prises en charge pendant le confinement. L’association Le Mars a particulièrement œuvré à l’accueil de ces victimes.

L'aide alimentaire

Le confinement s’est accompagné de la fermeture de certaines associations caritatives, par manque de bénévoles obligés de rester confinés, et de la fermeture des espaces collectifs de restauration qui ne permettaient plus d’assurer les mesures de distanciation et les gestes barrières.

Une organisation nouvelle a été mise en place :

  • fermeture des accueils collectifs et portage de colis-repas sur les lieux d’hébergement des bénéficiaires (ASSOR et Armée du Salut) > 500 repas quotidiens délivrés ;
  • soutien constant et déterminant de la Banque alimentaire de la Marne qui est restée ouverte ;
  • initiative des « tickets service solidaires », engagée par la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL), de façon à permettre l’achat de denrées de première nécessité (alimentaire, hygiène). Le dispositif est maintenu jusqu’au 31 août prochain ;
  • activation de l’aide d’urgence sociale par la CAF au profit des ménages les plus démunis ;
  • soutien du conseil départemental pour les associations caritatives ;
  • soutien de la réserve sociale avec la mise à disposition de 16 étudiants en travail social de l’IRTS, dans différentes structures du département (associations ou CCASCentre communal d'action sociale), comme bénévoles ;
  • intervention de diverses associations pour l’entretien du linge, le transport des personnes, la fourniture de vêtements.

Constats et perspectives post confinement

 
  • La direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations a été en relation constante avec l’ensemble des acteurs du secteur pour organiser et adapter les réponses à la situation de terrain.

Grâce à une souplesse dans l’organisation et une fluidité des relations entre les différents partenaires, les associations ont démontré une grande réactivité et une présence permanente et adaptée aux besoins rencontrés.

  • La vigilance sanitaire reste de mise. Un travail en partenariat avec la DDCSPPdirection départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations et les structures d’accueil permet à l’ARSAgence Régionale de Santé de décliner le dispositif « Protéger, Tester, Isoler ». Ce dispositif a pour objectif de réagir très rapidement à toute identification de cas COVID qui pourrait être faite parmi le public pris en charge avec la recherche des cas contact et la mise en quarantaine quand cela est nécessaire.
     
  • Une veille relative à l’aide alimentaire est organisée sous l’égide du Préfet, avec la participation de la DDCSPPdirection départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, de la CAF, du conseil départemental, de la Banque alimentaire de la Marne et des CCASCentre communal d'action sociale pour optimiser la répartition des ressources disponibles et des moyens d’intervention.
     
  • Le SIAOservice intégré d'accueil et d'orientation poursuit les évaluations sociales des personnes prises en charge à l’hôtel pendant le confinement en vue de trouver pour chacun la réponse la plus adaptée : accès aux droits, mis en place de soins, orientation vers une place d’hébergement dans une structure adaptée, accompagnement vers le logement et mise en place du dispositif d’intermédiation locative le cas échéant. Les bailleurs sociaux seront sollicités.

    Pour les personnes en procédure de demande d’asile, l’OFII relance les orientations vers les structures dédiées. S’agissant des personnes en situation irrégulière, les services de la préfecture évalueront les suites à donner en matière d’éloignement.

     
  • Des actions sont d’ores et déjà envisagées afin d’accompagner les personnes prises en charge sur le plan social, mais aussi vers une insertion professionnelle. Des actions sont déjà en place à Épernay avec la filière viticole (Club de Prévention). Des partenariats sont en cours d’étude avec la filière agricole plus largement. L’insertion par l’activité économique sera sollicitée autant que possible.